Le parti occitan

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Message par Léon le Dim 25 Jan - 11:02

« LGV-PACA », La GRANDE MYSTIFICATION



Une histoire de tracés



C’est dit : la signature de la future LGV passera par le centre-Var –dit tracé Nord- pour la plus grande satisfaction de M. Estrosi, appuyé par M.Devedjian, qui ont poussé sur le devant de la scène leur porte-voix, M Ciotti (président du CG-A.mar.), « Monsieur terminus » pour Me Joissains !), secondé par MM Deflesselles et Diard, députés UMP (BdR). Avec à propos, Var-Matin nous dit que M. Borloo a été pris de vitesse… C’est donc le tracé Paris-Nice qui l’emporte, via l’Arbois et la destruction des sites remarquables voisinant la Sainte-Victoire, le patrimoine historique et viticole des crus classés AOC. L’argument force est le gain, d’argent de 3 (ou 4 ?) milliards d’euros, réalisé sur ce tracé qui va suivre partiellement l’A8, et de temps, 20 à 30 minutes économisés sur le Paris óNice. On aura compris que plus de 15 tracés auront été « étudiés » depuis 2005, cinq années inutiles depuis la mise en route d’un « Débat public » passé à la trappe. Que d’argent gaspillé pour des études qui, finalement, rejoignent le tracé Querrien –Sud des années 80 qui, comme par hasard, se retrouve sur la ligne d’arrivée. La démocratie suit des voies insoupçonnées. M. Falco et ses amis de TPM, alors défenseurs du tracé dit des métropoles, avaient tort d’être en retard sur leurs compagnons de route gouvernementaux. On ne lit plus l’avenir dans le marc de café, et nos haruspices ont bien du souci à se faire. Mais si les traditions finissent par se perdre, quelle gifle pour nos décideurs varois !



Une histoire de sous



M. Lanfranchi (président du CG-Var) avait pressenti le coup (Var-Matin 5/01/09) : la LGV passera, quel que soit le tracé, pourvu que ce soit le moins cher. C’était une façon d’avaler poliment la couleuvre préparée par leur ministre Borloo, en accord avec Devedjian, soutien de son ami Estrosi. Les soit-disant contradictions suggérées par la presse entre le ministre de tutelle et ses députés sont pour le moins étonnantes. Et gagner 15 minutes sur un axe plus traditionnel N/S est vraiment secondaire, au grand dépit de Mme Joissains et du maire de Marseille, enlisé dans une histoire de chasse-neiges introuvables.



Le nanisme des notables en « Région PACA »



Ce qui est remarquable, mais malheureusement trop connu, ce sont bien les habitudes baptisées « républicaines » que ces élus entretiennent avec Paris. La politique « régionale »- quelle que soit l’équipe en place à L’Elysée/Matignon- se résume à trouver des solutions financières favorables à leurs projets locaux et à asseoir la référence vers Paris. Imaginez qu’il vienne aux provinces l’envie de construire des Nice ó Milan et de s’affranchir de la sacro-sainte toile d’araignée concoctée par des siècles de centralisme exacerbé. M. Estrosi, en recherche d’aménagement urbain, ne voit pas d’un mauvais œil une LGV opératoire pour les prochains Jeux Olympiques d’hiver (2018 !), réalisée sur le dos des varois qui verront le train passer... Pourtant MM. Gaudin et Falco ne tarissaient pas sur le thème de l’Arc méditerranéen (ou latin?). La baudruche se sera dégonflée, se moquant d’une opinion publique trop souvent désinformée. Quant à M. Vauzelle, il était et reste favorable à la LGV, quelque soit le tracé, (quoique partisan du renforcement des TER, maillages de proximité), pourvu que la Région PACA ait sa LGV… C’est court, mais cela a l’avantage de démontrer que cette stratégie « régionale » manque d’ambition et de souffle. MM Vauzelle et Lanfranchi, dont les intérêts politiques sont en principe opposés, sont objectivement sur la même longueur d’onde. Qu’ils nous démontrent le contraire…



Les élus l’UMP jouent la carte du centralisme. Et la réforme de l’Etat sur la restructuration des collectivités territoriales va les conforter. A l’opposé d’une régionalisation démocratique, la décentralisation actuelle leur convient très bien. Si le département disparaissait au profit des pays et des régions que deviendraient-ils? La reproduction du système passe par eux. Le financement de tout projet "régional" est à l'avenant, tout est ici résumé. Le centralisme, c'est Paris en Région via le département et ses relais reconduits. Les élus de proximité, les maires (mais aussi les représentants de pays qui pourraient être élus démocratiquement), ont tout intérêt à mettre cet aspect fondamental de la question de la LGV (entre autres projets) en avant de leurs revendications de terrain.



Signature ou pas, rien n’est joué



Nous sommes donc opposés au projet parce qu’il dessert la Région, renforce les clans au pouvoir (même s’il en déçoit certains temporairement), la maintient sous la tutelle d’un centralisme archaïque qui détone face aux pouvoirs régionaux de certains pays d’Europe.

Nous sommes opposés au diktat d’une poignée d’élus qui pensent avant tout à la « défense de ma ville », favorisent un tourisme d’affaires et intensifient les logiques « Côte d’Azur » et centralistes, aux dépens de la majorité de ses habitants et de la construction d’une Europe équilibrée qui ne reposerait pas que sur des capitales.

Nous sommes opposés à toute décision qui ne tient pas compte d’une opposition massive exprimée dans les principales métropoles provençales et dont la prestation de M. Falco lors du débat public de Toulon a déclanché une bronca qu’il n’est pas prêt d’oublier.

Nous sommes opposés à la liquidation des dernières terres agricoles qui bordent ce tracé et qui va sanctionner durement une production de qualité sans cesse remise en question par la pression du marché.

Nous sommes opposés à la logique des gares aéroports qui, en opposition frontale avec le développement durable, mite un peu plus la campagne, favorise un urbanisme désordonné et ouvre un peu plus grand la porte à des spéculateurs avides.



Nous sommes pour un renforcement des TER, pour un réseau ferré Est/Ouest développé, la réouverture des gares abandonnées, le développement du ferroutage pour répondre au gâchis du transport autoroutier.



La mobilisation qui s’est réalisée autour d’associations de défense de l’environnement et d’élus concernés par le tracé (BdR & Var) a culminé le 13 décembre avec les 2500 personnes dans les rues de Brignoles. Aujourd’hui ce collectif veut encore s’élargir pour arrêter définitivement le projet. Car, si la décision est prise ce 12 février, la mobilisation verra d’autres formes démocratiques de riposte se mettre en place. Le Collectif saura y pourvoir. L’exemple du refus par les populations vivant le long du tracé de la LGV Lyon-Turin -et par là même de son principe- (15000 manifestants à Suza, une solidarité qui gagne d’autres couches sociales)- est là pour rappeler à nos « aménageurs » que rien n’est gagné d’avance, décision prise ou pas d’un tracé « définitif ».

La mobilisation continue et va donc logiquement s’élargir.

Partit Occitan- Fédération Région Provence- http://provenca.partitoccitan.org

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Léon

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